Une cuisine, c'est l'une des dépenses les plus lourdes d'un projet de rénovation, et l'une des plus mal comparées. Entre le kit à 2 500 €, la cuisine de cuisiniste à 9 000 € et le sur-mesure de menuisier à 18 000 €, on a l'impression de comparer trois prix pour le même produit. Or ce ne sont pas les mêmes produits, et dans une chartreuse médocaine, le choix n'est même pas une question de budget : c'est une question de faisabilité. Voici les prix réels 2026 et ce qui les justifie.
Pourquoi le sur-mesure n'est pas un luxe dans une chartreuse
Les chartreuses et maisons médocaines construites en pierre calcaire entre 1850 et 1950 ont une particularité que tout artisan local connaît : leurs murs ne sont pas droits. On relève couramment des faux-aplombs de 2 à 8 cm sur 2,5 m de hauteur, des angles qui font 87 ou 93° plutôt que 90°, et des planchers en chêne massif qui montent et descendent de un à deux centimètres d'un bout à l'autre de la pièce.
Or les modules de cuisiniste (souvent en pas de 60 cm) sont conçus pour des pièces parfaitement orthogonales. Installés dans une chartreuse, ils laissent des jours disgracieux dans les angles, ou imposent des découpes qui révèlent les chants bruts des panneaux. Le résultat « catalogue » dans une maison ancienne, c'est presque toujours un compromis visible.
Le menuisier, lui, fabrique chaque meuble au millimètre des relevés faits sur place : un caisson haut taillé en léger biseau pour épouser un mur penché, un caisson d'angle dont les cotes intègrent le décalage réel, des pieds de meubles bas réglés un par un pour que le plan de travail soit parfaitement horizontal malgré un plancher qui descend. C'est ça, le vrai sens du « sur-mesure » — pas un meuble plus cher, un meuble qui s'adapte à la maison plutôt que l'inverse.
Les prix réels 2026 au mètre linéaire
Le bon repère n'est pas le prix « d'une cuisine » (trop variable) mais le prix au mètre linéaire, caissons et façades compris, auquel s'ajoute le plan de travail.
Caissons + façades :
- Chêne massif (la référence pour les chartreuses) : 2 500 à 4 500 €/ml de cuisine (linéaire bas + haut + colonne). Assemblages durables, finition à l'huile dure ou au vernis mat.
- MDF-HMR laqué (budget maîtrisé ou résidences secondaires) : 1 800 à 3 200 €/ml. Coloris illimités, bonne tenue aux variations d'humidité à court terme.
Plan de travail (en supplément, au mètre linéaire fourni-posé) :
- Pierre calcaire locale : 400 à 700 €/ml — cohérence avec les murs, mais hydrofuge à renouveler tous les 2-3 ans.
- Quartz composite (Silestone, Dekton) : 400 à 700 €/ml — non poreux, sans entretien, parfait en fort usage.
- Marbre (Carrare, Calacatta) : 700 à 1 200 €/ml — prestige, entretien régulier.
- Inox 304 brossé : 500 à 900 €/ml — pour cuisines de chai ou très sollicitées.
À l'échelle d'un projet, cela donne un budget global de l'ordre de 9 000 à 25 000 € TTC selon les matériaux et le linéaire. Une cuisine sur mesure de menuisier revient en général 20 à 30 % de plus qu'un équivalent cuisiniste — un écart qui se justifie par l'ajustement, la qualité d'assemblage et la durée de vie.
Bois massif ou MDF : le bon choix selon l'usage
Le chêne massif est dimensionnellement stable dans les variations d'humidité saisonnières du Médoc (70-90 % d'humidité relative en hiver contre 40-55 % en été), il se répare (un ponçage efface une éraflure profonde), il prend une belle patine après dix ou quinze ans et il dialogue avec l'architecture XIXe des chartreuses.
Le MDF-HMR (panneau médium hydrofuge) a un autre intérêt, particulièrement dans le Médoc : pour une résidence secondaire fermée six à huit mois par an, où la pièce peut atteindre 75-85 % d'humidité avant la première aération d'automne, il encaisse mieux les cycles d'humidité extrêmes à court terme. Le bon choix dépend donc de l'usage réel — occupation, chauffage maintenu hors-saison, ventilation — et c'est exactement le genre d'arbitrage qu'un menuisier local pose avant de chiffrer.
La quincaillerie : le détail qui dure (ou pas)
C'est invisible sur un devis, mais c'est ce qui distingue une cuisine qui vieillit bien d'une cuisine dont les tiroirs se déglinguent en cinq ans. ETBat utilise la quincaillerie Blum : charnières à fermeture amortie et coulisses à extension totale, garanties 300 000 cycles (l'équivalent de trente ans d'usage quotidien), et surtout réglables en trois dimensions après pose — indispensable pour aligner parfaitement les façades malgré les irrégularités des murs de chartreuse. Les aménagements intérieurs (organisateurs de tiroirs, plateaux pivotants pour les angles morts) sont pensés dès la conception, pas ajoutés après coup.
Une cuisine, ce n'est jamais un seul métier
C'est le piège le plus coûteux. Une cuisine sur mesure réussie suppose une séquence d'intervention rigoureuse : l'électricien d'abord (circuits dédiés plaque induction, hotte, prises plan de travail, éclairage), puis le plombier (arrivées d'eau et évacuation en attente sous le futur plan de travail), puis le menuisier (caissons, façades, plan de travail), puis le carreleur (crédence), puis le plombier à nouveau (raccordement de l'évier et du lave-vaisselle).
Quand ces métiers sont mal coordonnés, on aboutit à des découpes dans des façades déjà posées, des prises mal placées, des reprises en cascade. ETBat coordonne l'ensemble en interlocuteur unique : un seul référent du métré jusqu'au raccordement final, et une responsabilité claire en cas de défaut. Le métré initial — relevé laser des murs, du plancher, des positions de prises et d'évacuations — est offert, et le devis détaille chaque caisson, le plan de travail, la quincaillerie et la pose séparément, sans forfait opaque « clés en main ».
Et les aides ? Aucune, soyons honnêtes
Une cuisine n'est pas un geste d'économie d'énergie : elle n'ouvre droit ni à MaPrimeRénov', ni aux CEE. Seule la TVA réduite à 10 % s'applique sur la fabrication et la pose intégrée, pour un logement de plus de 2 ans. C'est un investissement de confort et de valeur patrimoniale — ce qui se justifie pleinement dans une belle maison médocaine — mais pas un poste subventionné. Mieux vaut le savoir avant de comparer les devis.
En résumé
Dans le Médoc en 2026, une cuisine sur mesure de menuisier se chiffre de 9 000 à 25 000 € TTC selon les matériaux : 2 500-4 500 €/ml en chêne massif, 1 800-3 200 €/ml en MDF-HMR, plus le plan de travail (400 à 1 200 €/ml). C'est 20 à 30 % de plus qu'une cuisine de cuisiniste, mais dans une chartreuse aux murs hors d'équerre, le sur-mesure n'est pas un luxe : c'est ce qui permet une pose nette, sans jours ni compromis visibles. Pas d'aides (TVA 10 %), mais un investissement durable — à condition de confier les cinq métiers à un seul interlocuteur.
ETBat, menuisier basé à Saint-Laurent-Médoc, conçoit, fabrique et coordonne votre cuisine sur mesure en interlocuteur unique, métré laser offert. Pour une estimation, demandez un devis ou chiffrez votre projet.


